Démissionner et toucher le chômage : ce qui change en 2026
Publié le 11 octobre 2026 · Chômage
Une démission est en principe un « abandon d'emploi » pour l'ONEM : sans motif légitime, les allocations de chômage sont suspendues pendant plusieurs semaines. Depuis la réforme de 2026, un nouveau « droit au rebond » permet toutefois, une fois dans la carrière, de toucher des allocations après une démission.
La sanction : de 4 à 52 semaines d'exclusion
- Sans motif légitime, l'ONEM applique un avertissement ou une exclusion des allocations de 4 à 52 semaines, éventuellement avec sursis (les allocations sont alors payées).
- Exclusion pour une durée indéterminée si vous avez démissionné pour vivre des allocations, ou en cas de récidive dans les 12 mois.
- La rupture de commun accord est en principe traitée de la même manière, sauf si c'est réellement l'employeur qui a voulu la fin du contrat : voir la rupture de commun accord.
Les cas sans sanction
- Vous avez retravaillé au moins 13 semaines avant de demander des allocations.
- Vous êtes parti pour élever votre enfant ou devenir indépendant, au moins 6 mois avant la demande, et votre ancien employeur ne peut pas vous réengager.
- Vous avez quitté votre emploi pour un autre : pas d'allocations pendant 4 semaines à compter du début du nouvel emploi si vous le perdez ensuite (sauf chômage temporaire ou force majeure).
- Vous aviez un motif légitime : il n'est pas défini par la loi et l'ONEM l'apprécie au cas par cas (emploi devenu non « convenable », manquements graves de l'employeur…). Vous pouvez demander à l'avance un « ruling » au bureau du chômage, qui indique la sanction éventuelle.
Le droit au rebond (depuis mars 2026)
Pour un abandon d'emploi survenu à partir du 1er mars 2026, l'exclusion temporaire peut être remplacée par des allocations pendant 6 mois maximum. Conditions : au moins 3 120 jours de travail (environ 10 ans de carrière) et ne jamais avoir utilisé ce droit. La demande se fait via le formulaire C109, auprès de votre organisme de paiement, dans les 30 jours de la décision d'exclusion ; le choix est irrévocable. La période peut être prolongée de 6 mois si vous réussissez une formation à un métier en pénurie commencée dans les 3 premiers mois.
Des allocations limitées dans le temps
Pour les demandes admises à partir du 1er mars 2026, il faut 312 jours de travail (ou assimilés) sur les 36 mois précédents, quel que soit l'âge. Le droit dure 12 mois, plus 1 mois par tranche de 104 jours de passé professionnel, avec un maximum de 24 mois. Une exclusion de plusieurs semaines pèse donc davantage qu'avant.
Le 10 septembre 2026, la Cour constitutionnelle a validé l'essentiel de la réforme, mais annulé une disposition transitoire visant certains chômeurs de longue durée : l'ONEM en analyse les conséquences.
En pratique avant de démissionner
- Calculez votre préavis et sa date de fin : préavis de démission.
- Si possible, signez votre nouveau contrat avant d'envoyer votre lettre de démission.
- Demandez le C4 et les autres documents de fin de contrat : l'employeur doit les remettre, y compris après une démission.
- En cas de doute, interrogez votre organisme de paiement (syndicat ou CAPAC) avant de démissionner.
Questions fréquentes
L'employeur doit-il me donner un C4 si je démissionne ?
Oui, le C4 est délivré quel que soit le mode de fin du contrat, au plus tard le dernier jour de travail.
Le droit au rebond est-il automatique ?
Non, il faut le demander via le formulaire C109 dans les 30 jours de la décision d'exclusion. Il ne peut être utilisé qu'une fois dans la carrière.
Sources
- ONEM – Abandon d'emploi sans motif légitime (feuille T175)
- ONEM – Réforme de l'assurance chômage
- ONEM – Conséquences de l'arrêt de la Cour constitutionnelle du 10 septembre 2026
Informations générales vérifiées le 11 octobre 2026. Elles ne remplacent pas un conseil juridique personnalisé : faites vérifier votre situation par votre secrétariat social, votre syndicat ou un avocat.